Silence, urgence, statu quo mais… Le restaurant reste ouvert à la CNMSS

25/03/2026


« Le risque est mesuré » : telle est la conclusion du rapport de la mission chargée d’évaluer les mesures mises en place au restaurant depuis le 4 février, à la suite à l’annonce de la non-conformité du système de désenfumage détectée en juillet 2025.

Daté du 11 mars, et transmis aux organisations syndicales le 19 mars, ce rapport estime que le restaurant peut rester en activité, à condition que les mesures conservatoires soient strictement maintenues dans la durée. La CGT CNMSS dresse le constat d’un scénario qui, à force d’alertes tardives et de décisions précipitées, interroge la conception de la transparence dans le dialogue social.

Que dit le rapport dexpertise ?

Conduite par sa conviction que « les agents sont les sachants » et doivent être informés, l’équipe CGT résume ici les éléments essentiels de ce rapport :

  • La mission de contrôle a effectué deux visites : les 9 février et 2 mars 2026 ;
  • Elle a confirmé les conclusions de l’audit du 16 juillet 2025 : « en cas d’un éventuel sinistre au restaurant, une détection dans le local entraîne la mise en œuvre du désenfumage du local, avec des performances amoindries et une potentielle transmission du sinistre dans des locaux adjacents ou dans les étages. » ;
  • La mission a examiné les mesures mises en place par l’administration et en confirme l’efficacité ;
  • Elle insiste sur deux éléments majeurs du dispositif :
    • la présence d’un agent SSIAP 1 (Service de sécurité incendie et d'assistance aux personnes) ;
    • le déclenchement immédiat de l’alarme générale en cas de détection incendie au restaurant.

Des progrès, des salles en libre accès… Et des questions qui persistent

Début février, la CGT a demandé la convocation d’une formation spécialisée extraordinaire dès réception de ce rapport, afin que la représentation du personnel puisse exercer pleinement son rôle.Vos représentants ont finalement été convoqués à la formation spécialisée ordinaire du 9 avril où nous porterons l’ensemble des sujets qui posent question.

Ainsi le restaurant est resté ouvert, mais la non-conformité du désenfumage n’est pas résolue, ni le calendrier des travaux communiqué. Le niveau de sécurité actuel repose en partie sur un facteur humain (agent SSIAP), ce qui peut interroger en cas d’absence.

Par ailleurs, que penser des salles de restauration en libre accès ? Et comment les améliorer encore ? Si elles constituent une alternative pour certains usagers, elles ne sauraient remplacer un restaurant conforme aux normes de sécurité.

Et comment expliquer que le personnel ait dû attendre six mois pour être informé d’une non-conformité de cette nature ?

Pourquoi ne pas lavoir dit en juillet ?

Aujourd’hui, on se féliciterait presque de déjeuner dans un restaurant non conforme mais maintenu ouvert grâce à des mesures compensatoires strictes et une organisation reposant sur l’humain : un agent SSIAP transformé en chef d’orchestre du déjeuner.

Imaginons un instant un autre scénario : et si la non-conformité de désenfumage avait été annoncée dès juillet 2025, au moment de sa détection ? Si l’information avait été partagée immédiatement ? Si les mesures avaient été mises en œuvre sans délai ?  Les conclusions de ce rapport auraient sans doute été les mêmes et les solutions trouvées par les services tout aussi efficaces et appréciées.

Bref, imaginons le même film, mais diffusé à l’heure. Sans l’urgence produite par la communication tardive, puis gérée à marche forcée… Sans bande-annonce catastrophe. Ni petits hommes verts.

Alors la question s’impose : pourquoi ne pas l’avoir dit en juillet ?  

Ce que la CGT CNMSS demande 

L’équipe CGT CNMSS demande que les questions de sécurité de cette nature soient traitées avec transparence, traçabilité et responsabilité. Au-delà de ce dossier, c’est la crédibilité de la gestion des risques professionnels qui serait mise en jeu si d’autres problématiques majeures devaient pâtir d'un traitement identique.