Comme annoncé lors de notre précédente communication, la CGT a souhaité faire une restitution synthétique des travaux conduits par le cabinet d'expertise mandaté par le Comité Social et Economique Central (CSEC) dans le cadre deson droit à expertise sur la politique sociale de l'entreprise, les conditions de travail et l'emploi.
Ce tract s'appuie sur une analyse des données RH anonymisées qui ont été transmises par l'entreprise. Il porte sur les embauches, examinées sous plusieurs angles : en volume global, mais également déclinées par métier, par établissement et par classification.
Il traite par ailleurs des sorties de l'entreprise sous toutes ses formes (licenciements, démissions, départs à la retraire...) afin de dresser un tableau complet de ce qui se passe à Naval Group.
En 2025, le nombre de recrutements reste quasi stable avec 1 162 embauches en CDI, contre 1 161 en 2024.
Près d'une embauche sur deux (44%) concerne des personnels de moins de 30 ans.
Les recrutements OETAM progressent de +12% (de 418 à 468), les recrutements cadres accusent un recul de 7% (de 743 à 694).
Concernant les OETAM, les niveaux D7, D8 et E9 représentent à eux seuls 229 embauches sur 468 en 2025, soit 49% des recrutements OETAM, pratiquement un recrutement sur deux.
L'entreprise recrute donc massivement en haut de grille OETAM, ce qui pose une question directe sur la promotion interne des niveaux inférieurs : si les postes D7, D8 et E9 sont pourvus par des recrutements externes plutôt que par l'évolution des salariés déjà en poste, c'est autant de perspectives d'avancement qui sont impossibles.
Les métiers qui ont le plus recruté en 2025 chez les OETAM sont électricien et mécanicien nucléaire en Maintien en Condition Opérationnelle (MCO).
La part des recrutements cadres passent donc de 64% en 2024 à 60% en 2025, restant largement majoritaire.
Six embauches sur dix se font dans la population cadres et notamment chez les F11 et F12 qui représentent à eux seuls 76% des recrutements cadres (528 sur 694).
Ce qui confirme un recrutement essentiellement réalisé en entrée de grille, sur des profils « sortie d’école » ou début de carrière cadre (donc sur la rampe de lancement).
Les niveaux G13 et au-delà représentent 24% des recrutements cadres, ce qui pose la question du vivier de cadres expérimentés et des parcours d'évolution interne.
Les spécialités qui ont le plus recruté en 2025 sont le digital et les études ingénierie Plateforme & Infrastructure.
Les métiers les plus recherchés dans ces recrutements sont le concepteur logiciel embarqué et le chargé d'études mécanique.
Du côté des Directions, c’ est Systèmes Équipements et Propulsion (SEP) qui domine avec 25% des entrants, suivie par Drones, Systèmes Autonomes et Armes Sous-Marines avec 14% des recrutements. Cesdeux entités concentrent à elles seules près de 40% des embauches.
La direction des Services, première direction de l'entreprise par les effectifs avec 26% des personnels, elle a bénéficié de 198recrutements soit 17% des recrutements en 2025. Ce qui représente un taux d’entrée de seulement 4%*.
Ce déséquilibre soulève des interrogations légitimes sur le renouvellement des compétences au sein de cette direction, sur la charge de travail et sur les réelles perspectives d'évolution offertes aux personnels qui y sont affectés.
* Taux d'entrée : rapport entre les embauches CDI et l'effectif présent au 31 décembre de l'année précédente. 4% pour l’ensemble de la direction services Brest et Toulon.
A la lecture des tableaux de la première page, on pourrait être tenté de conclure que Naval Group affiche un plan de recrutement ambitieux pour faire face aux programmes
en cours.
La presse rapporte d'ailleurs que le groupe prévoit d'embaucher 1 500 personnes dans le Var au cours des cinq prochaines années.
Ces éléments méritent toutefois d'être nuancés. Il convient en effet de ne pas confondre flux d'entrées et flux de sorties : le solde net est celui qui reflète véritablement l'évolution des effectifs.
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| 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
| Embauches | 1074 | 1175 | 1065 | 1161 | 1162 |
| Sorties | 686 | 793 | 818 | 753 | 722 |
| Solde net | 388 | 382 | 247 | 408 | 440 |
L'évolution des effectifs est donc de 440 personnels pour l'année 2025, dont un solde net de 100 pour les OETAM et de 340 pour les cadres.
Les recrutements ne se font pas nécessairement sur les sites affichant les taux de départs les plus élevés. Ce sont en effet les établissements de Cherbourg, Ollioules, Indret et Saint-Tropez qui enregistrent les recrutements les plus importants au regard de leur taux de sortants respectifs.
Le remplacement des sortants ne semble pas s'effectuer à classification identique.
Pour les OETAM:
-64 % des départs concernent des salariés de classification supérieure ou égale à D8, alors que 60 % des recrutements sont réalisés sur des classifications inférieures ou égales à D7.
Un écart significatif qui traduit une tendance au recrutement sur des postes de classification plus faible.
Pour les cadres:
-45 % des départs portent sur des classifications F11 ou F12, tandis que 76 % des recrutements s'effectuent dans ces mêmes catégories. Loin de simplement compenser les départs, ces recrutements traduisent un renforcement net des effectifs sur les échelons les plus bas de la grille cadres.
Ceci soulève une question essentielle : quelle est l'incidence sur la promotion interne ?
Deux hypothèses peuvent être faites :
- Soit les postes vacants dans les classifications supérieures sont pourvus par la promotion interne, ce recrutement à un niveau inférieur libérant ainsi des opportunités d'évolution pour les personnels en place.
- Soit ces postes sont délibérément déclassés au moment de l'embauche, dans une logique de gain de compétitivité.








