Monsieur le Président,
Les élections professionnelles
Les élections professionnelles se sont donc achevées le 15 octobre 2026. Pour celles-ci, la Direction Centrale avait affiché un objectif clair, atteindre un taux de 80% de participation, toutes Catégories Sociaux Professionnelles confondues. Finalement, elle y est presque parvenue avec près de 73% au niveau national, mais ce chiffre global est en trompe l’œil. Les relances régulières du management, plus ou moins insistantes suivant si celles-ci étaient à destination de personnels du tertiaire ou de production, ont en effet permis de faire monter les taux de participation de près de 10% dans les collèges 2 et 3, quand celui du collège 1 baissait de près de 10%.
Malgré ces manœuvres peu loyales employées par la Direction, la CGT a fait mieux que résister, tant au niveau national que local, en obtenant sur Toulon près de 39% de représentativité, et même près de 43% aux yeux de la Loi Travail. Cela permet à la CGT de conserver un nombre important d’élu.e.s au CSE, avec 11 sur 24, en étant majoritaire chez les non cadres et en conservant 2 postes chez les cadres, au même niveau que 2 autres Organisations syndicales dans ce collège 3.Si on se place au niveau national, la stratégie de la Direction a donc relativement fonctionné puisqu’en faisant massivement voter le collège 3 qui, même si les choses sont heureusement en train de changer, vote traditionnellement moins pour la CGT, les autres organisations syndicales ont proportionnellement plus récupéré de voix que la CGT, faisant que la CGT termine deuxième au niveau national, à 1,5% de la première Organisation Syndicale nationale.
Nous profitons de cette Déclaration Liminaire pour remercier tous les personnels qui, par leur vote, ont permis à la CGT de conserver les CSE de Cherbourg, Brest, Toulon, de prendre celui de Ruelle, tout en permettant de se maintenir sur Indret et d’énormément progressé sur Lorient. Au passage, un grand bravo également à toutes et tous nos camarades de tous les sites.
La constitution du CSE de Toulon
Suite à la publication des résultats, dans le but de préparer cette réunion du CSE de constitution, les 5 Organisations Syndicales présentes en CSE de Toulon se sont retrouvées pour échanger. La CGT a annoncé revendiquer les postes du bureau du CSE, à savoir Secrétaire, Secrétaire adjoint et trésorier. Concernant les commissions du CSE, la CGT a souhaité que des représentants de toutes les Organisations Syndicales ayant des élu.e.s en CSE puissent en être membres, que ces Organisations Syndicales soient représentatives ou pas sur le site. En ce sens, pour montrer l’exemple, la CGT a diminué son nombre de représentants, qu’elle obtenait grâce à sa représentativité électorale, dans certaines commissions (Economique, restauration, sociale et emplois/compétences), afin de permettre à toutes les Organisations Syndicales d’avoir à minima un.e membre dans les commissions souhaitées. La CGT a également précisé qu’en termes de présidences de commission, elle ne souhaitait revendiquer que celle des Activités Sociales et Culturelles. Cela permet aux autres Organisations Syndicales de prendre les présidences des commissions économique, restauration, sociale et emplois/compétences. La CGT conservera par contre le poste de rapporteur de la Commission Santé Sécurité et Conditions de Travail.
Encore une fois, la Direction va donc de nouveau devoir compter avec la CGT pendant 4 ans.
Nos revendications pour les 4 ans à venir
Nous faisons le souhait que la Direction locale laissera tomber ses postures, afin que nous puissions enfin discuter sereinement du maintien des compétences et des emplois, principalement en production, de la politique industrielle, des choix stratégiques sur le faire/faire faire…
Nous devrons aussi parler de la Qualité de Vie au Travail, avec principalement un assouplissement des horaires : le soir pour permettre aux badgeants récupérant leurs enfants à la sortie de l’école de le faire sans stress sur la route, et le midi pour permettre aux badgeants de pratiquer une activité culturelle ou sportive et, dans le même temps, désengorger le restaurant d’entreprise.
En parlant du restaurant d’entreprise, la CGT continue de revendiquer la revalorisation du seuil de déclenchement de la subvention de 2€, en s’appuyant sur la hausse du coût de la vie. En effet, avec le seuil de 40000€ Brut annuel, figé depuis 12 ans, chaque année, de nombreux personnels sortent mécaniquement du dispositif, ce qui est injuste. De la même façon, nous demandons de généraliser cette mesure à tous les utilisateurs du restaurant, par la mise en place d’une subvention dégressive et proportionnelle au salaire brut annuel.
Enfin, discuter d’un élargissement de l’offre de garde pour les enfants de moins de 3 ans, la politique petite enfance de Naval Group ne pouvant se limiter aux CESU garde d’enfants ou à du coaching parentalité.
Une cohérence qui fait notre force
Vous l’aurez compris, ce résultat global est donc le fruit d’un travail de tous les instants, au plus près des salariés, en instance comme en dehors. Malgré tous les coups bas encaissés pendant ces 2 dernières années, notamment ce référendum minoritaire certes légal, mais tellement immoral, la CGT est restée cohérente, unique et indivisible. C’est cette cohérence d’ensemble, locale et nationale, qui nous a permis de réaliser ces résultats. Nous resterons donc fidèles à cette ligne de conduite, sans céder aux provocations éventuelles.
Si la Direction souhaite maintenant réellement tenter de mettre en place un dialogue social efficace et respectueux, elle a tout intérêt à discuter avec la CGT, présente dans tous les secteurs et dans toutes les spécialités, afin d’entendre les préoccupations des salariés. Ce sont celles que nous portons au quotidien dans les instances et dans les négociations via nos Délégués Syndicaux qu’il va bien falloir un jour que vous considériez. La CGT, ce ne sont pas que des élus. La CGT, c’est avant tout une Organisation Syndicale dont tous les acteurs, élus et mandatés, sont à son service.
Nous continuons donc l’activité syndicale. Pour nous permettre de réaliser notre mandat dans les meilleures conditions, nous vous invitons à rapidement tout mettre en œuvre pour que les élu.e.s aient accès à tous les bâtiments.
Vous le savez, nous prendrons la parole où et quand les salariés en éprouveront le besoin, pour donner de l’information syndicale, industrielle, économique, sociétale, pour briser les isolements de salariés et pour rapprocher les gens.
Pour quelles raisons ?
- Parce que nous voulons un avenir industriel avec des embauches et des emplois montés en compétences.
- Parce que nous voulons une école de formation en nom propre pour alimenter nos métiers de la navale.
- Parce que nous voulons un véritable déroulement de carrière progressif, progressiste, clair et accessible porté sur le savoir-faire. L’enjeu est aujourd’hui de créer une commission de suivi et de modification des niveaux de classification des emplois, afin de permettre à tous les personnels d’entrevoir une évolution de carrière sur l’ensemble de leur vie professionnelle, tout en restant dans leur métier.
- Parce que la bataille pour le salaire reste notre ADN, nous réclamerons lors de chaque NAO une AG de haut niveau.
- Parce nous faisons société pour obtenir une transformation de celle-ci, nous continuerons de nous battre pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, un départ à la retraite à taux plein et à 60 ans, une redistribution juste des richesses, y compris dans notre entreprise avec l’ouverture de négociations sur le 13eme mois et, en cette période de flambée des coûts de l’Energie et particulièrement des carburants, nous revendiquons la mise en place de la prime transport permise aux entreprises par la loi.
Un modèle social EST un choix politique.
Le monde a changé, il s’est déplacé, mais encore une fois, comme depuis 131 ans, la CGT est toujours bien présente. Non ce n’est pas fini, cela ne fait que recommencer.
Merci de votre attention.


