Comité de suivi du télétravail : la CGT refuse de compter les contraventions
En vue de cette réunion, qui se tient aujourd’hui 17 septembre, nous avons reçu un tableau remarquable. Figurez-vous qu’il permet de savoir combien d’encadrants ont consommé 1, 2, 3, 4, 5... jusqu’à 10 jours de télétravail depuis le début de l’année.
Le tableau recense même les managers qui ont eu "l’audace" de franchir cette limite, que ce soit avec ou sans dérogation. On ne sait jamais. Onze jours de télétravail sans justification pourraient constituer le premier signe d’un effondrement institutionnel.
La CNMSS invente la Marie-Pervenche du télétravail
Le problème n’est même plus le forfait de 10 jours réservé aux encadrants. Nous avons déjà largement expliqué ce que nous en pensions dans notre article 1 jour volant pour tous : un autre télétravail est possible.
Presque un an plus tard, rien n’a bougé. En revanche, le forfait des managers est admirablement surveillé. Service par service. Encadrant par encadrant. Jour par jour. Le plus savoureux est que les propres documents de la CNMSS indiquent qu'au CMG Toulon, les managers disposent d'un forfait de 24 jours par an. À quelques kilomètres de distance, le service public survit à quatorze jours supplémentaires. Étonnant, non ?
Pendant ce temps, dans le monde réel...
À la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP), le débat, lui, a avancé. Cinq ans après l’accord national sur le télétravail, la DGAFP travaille sur le management hybride, les collectifs de travail, les espaces de discussion et la prévention de l’hyperconnexion. Elle cite aussi l'expérimentation « Le Juste Mail », consacrée aux usages numériques.
Bref, ailleurs on commence à se demander comment mieux travailler à distance. À la CNMSS, nous continuons à vérifier si quelqu'un n'aurait pas pris son onzième jour.
Lire : Cinq ans de l’accord relatif à la mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique
Deux heures, 12 cerveaux... et quel coût pour l’établissement ?
Il faut savoir qu’un comité de suivi du télétravail, ce sont :
- Deux heures de réunion plénière,
- Des dizaines d’heures de travaux préliminaires réalisés par des agents qui auraient certainement mieux à faire pour servir les militaires et les personnels de l’établissement (statistiques, tableaux de consommation, recensement des pratiques managériales, contrôle interne, consolidation des données...).
Autour de la table se retrouvent :
- Deux directeurs adjoints,
- Le chef de la D3P,
- Le responsable du projet,
- Le responsable du suivi de l'activité et des indicateurs,
- Le médecin de prévention,
- La psychologue du travail,
- Le DSI,
- Les représentants du personnel.
Nous ne chiffrerons pas artificiellement cette masse salariale, encore moins son « efficience ». Mais une chose est certaine : réunir pendant deux heures une telle concentration de compétences pour commenter la consommation du forfait managers constitue une manière assez singulière d'optimiser les ressources de l'établissement.
Une gestion préhistorique pour une organisation du travail actuelle
La CGT CNMSS rend le sifflet qu’on lui tend, merci. Nous ne souhaitons pas participer à un comité transformé en brigade de stationnement du télétravail. Nous ne sommes pas candidats au poste de Marie-Pervenche chargée de vérifier qui a osé travailler à domicile un jour de plus.
Nous voulons parler du télétravail d’aujourd’hui et de demain : application de la circulaire du 5 mai 2026, conditions matérielles, charge de travail, droit à la déconnexion, hyperconnexion, isolement, fonctionnement des collectifs, attractivité, égalité d'accès et organisation du travail. Les sujets ne manquent pas.
Et notre proposition, elle, n'a pas changé et changera pas jusqu’aux élections de décembre 2026 :